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Édition d’été – juillet 2021

Haaa l’été, enfin ! Nous vous proposions pour cette nouvelle édition d’Enlivrez-vous, la box de faire votre choix parmi différentes propositions que nous vous rappelons ci-dessous. Comme à notre habitude, quelques semaines après les dernières livraisons, nous vous dévoilons peu à peu les pépites qui se cachaient derrière ces mots-clés. Nous espérons que ces découvertes vous plairont et avons hâte de vous retrouver pour la prochaine édition !

Mais évidemment, nos incontournables box étaient elles aussi au rendez-vous. Les choix qui s’offraient à vous étaient :

Dans ce dernier cas, vous étiez invité·e·s à sélectionner votre vin et votre livre parmi ces choix :

Pour féliciter vos têtes blondes pour leur beau bulletin ou simplement pour vous offrir quelques heures de tranquillité. Chacun son bouquin, sa boisson préférée et les hippopotames seront bien gardés ! 

Nous avons suivi les bons conseils d’Orianne, spécialiste du rayon jeunesse de l’incontournable librairie Flagey pour vous proposer La ville sans vent de E. Devillepoix, un roman plein de magie à plus d’un titre pour toute la famille dès 14 ans et La Fleur perdue du chaman de K. de D. Morosinotto, une aventure humaine remplie de poésie, mais aussi de drames et de pépites graphiques pour les 11-13 ans. Nous vous invitons à lire les excellentes critiques rédigées par la team de la Librairie Flagey en cliquant sur les titres des livres, nous n’aurions pas mieux dit ! Et si vous ne connaissez pas encore le site de la librairie, allez y faire un tour, l’équipe y partage fréquemment ses coups de cœur et idées lecture ! 

Côté boisson, nous avons décidé de mettre en avant une limonade belge : la Ritchie, du bonheur en bouteille (rien que ça !). Il s’agit d’une limonade traditionnelle dans une bouteille au look fifties (la limonade existait en Belgique entre 1950 et 1980) remise au goût du jour par la brasserie Jan Verlinden. À découvrir ! 

Alors, ça leur a plu ? 

Pete Fromm, qui faisait déjà partie de l’aventure Enlivrez-vous, la box lors de la toute première édition avec Mon désir le plus ardent, était de retour cet été avec un autre titre hyper émouvant : La vie en chantier. Attention, ça va encore pleurer dans les chaumières !

Marnie et Taz forment un couple de jeunes amoureux comme on les aime : ils ont de l’humour, des valeurs, quelques galères à surmonter, des rêves et toute la vie devant eux pour les réaliser. Comble de bonheur, Marnie tombe enceinte, il faut vite préparer la chambre de bébé. Mais ouf, Taz est menuisier-charpentier donc il peut tout bricoler. 

Ils sont prêts, c’est le grand jour, ils se rendent à l’hôpital, prêts à sortir de là à 3 et à commencer leur nouvelle vie… Sauf que finalement, ils ne seront que 2 à en sortir : Taz et Midge. Marnie est morte en couches, c’était fulgurant et imprévisible, les médecins n’ont rien su faire (#sortezlesmouchoirs).

La vie de Taz est détruite quand celle de Midge commence… Il va devoir tout apprendre en même temps : l’expérience du deuil et de la paternité, être triste, nostalgique, en colère et pleurer sa perte tout en découvrant les joies liées à l’entrée de sa fille dans sa vie… Le tout sur fond d’insomnie, parce que bon, parent solo, c’est pas jojo, même dans les livres… Et puis viendra le temps de la reconstruction. 

Et comme souvent dans les titres de littérature américaine édités par la maison Gallmeister, le roman laisse la part belle à la nature, aux paysages, à la vie dans des endroits isolés, ici, dans un petit coin du Montana… 

Pour balancer tout ça, vous pouviez choisir d’accompagner votre lecture de Tu vin plus aux soirées. Fabien Jouves devient vigneron en 2006 en créant le Mas del Périé (sur les plus hauts coteaux de Cahors). Le malbec y est le cépage roi. On y exprime le terroir de façon renforcée par une agriculture biodynamique respectueuse de la vie, de la plante, de l’Homme et de son environnement. Vendanges manuelles et vinification naturelle sans intrants oenologiques. 

Juste pour le plaisir du nom, nous ne l’avons pas (encore) goûté, nous vous suggérons de tester le You fuck my wine, du même vigneron (il a de l’humour !). 

Les complices pour ces propositions : Le livre est à retrouver en bonne place sur les tables de La Librairie Flagey à Ixelles. Quant au vin, il a été dégusté à la terrasse de la cave à manger – Winery (Place Brugmann à Bruxelles).

Quoi de mieux en été qu’une cuvée de grande soif, synonyme de convivialité et de partage ?

Tadam, voici Le Pluriel ! Un vin plein de fraîcheur issu du Domaine du Clos des Boutes dans le Rhône. Sylvain Boutée rêvait de devenir vigneron, pas si simple quand on est proche des frontières de la Belgique ! Il s’est appliqué à apprendre et à comprendre le travail de la vigne et du vin avant de trouver une dizaine d’hectares de vignes en 2003 à Bellegarde, entre Nîmes et Arles. Ses parents le rejoignent dans l’aventure et, ensemble, ils créent le Clos des Boutes : le début d’une belle et grande aventure ! Des vendanges manuelles en cagettes et un travail sur des levures indigènes sont à la base de votre vin. La bouche est pleine d’énergie, les fruits sont croquants et le plaisir immédiat. Parfait pour les longues soirées à refaire le monde. Pour un maximum de plaisir : l’aérer une demi-heure avant de le servir. 

Pour l’accompagner, vous pouviez choisir de glisser dans votre box de l’été une longue lettre – peut-être la dernière – dans laquelle Oyana s’adresse à son mari, lui raconte sa vie et lui révèle enfin la vérité. Après 20 ans de vie commune à Montréal, elle lui avoue les raisons qui l’ont poussée à l’exil, les secrets derrière les silences qui ont meublé leur vie et, surtout, le poids de la culpabilité qui la ronge depuis autant d’années qu’elle a quitté la France. Exercice difficile que de raconter sa vie, de combler enfin les blancs quand ils sont si nombreux et qu’on ne sait plus ce qu’il faut croire.

Partie après un événement tragique, Oyana a choisi de refaire sa vie au Mexique, puis au Québec, terre de seconde chance (et terre de l’auteur, Éric Plamondon). Une vie de mensonges et de faux-semblants, qu’elle tente de laisser derrière elle en retournant enfin dans son Pays basque natal. Mais elle sera étonnée, et le lecteur avec elle, de l’ampleur du secret. Qui connaît la vérité ? Elle n’a que deux certitudes : elle s’appelle Oyana et l’ETA n’existe plus.

𝑶𝒚𝒂𝒏𝒂 est un roman incisif et brutal qui revient sur la triste période d’activité de l’ETA au Pays basque et qui laisse apercevoir la vitesse à laquelle un mauvais choix peut faire basculer votre vie en plus de celle des autres. Une histoire que l’on a envie de réécrire à coups de « et si.. ». 

Les complices pour ces propositions : La Cave à manger Winery Brugmann et une nouvelle librairie complice, Point Virgule à Namur.

« Si on commençait par dire que ça s’est bien terminé ? J’ai réussi. Je m’en suis sortie. J’ai échappé à la pauvreté. J’ai échappé à la malbouffe parce qu’on a pas les moyens d’acheter autre chose. J’ai échappé aux vêtements usés jusqu’à la corde et aux chaussures trop petites. J’ai échappé à l’alcool et à la drogue qu’on prend pour oublier parce que… parce que. J’ai sans doute échappé aux statistiques de mortalité prématurée et aux maladies évitables – on verra. (…) 1 mère célibataire, 2 séjours en famille d’accueil, 9 écoles primaires, 1 enquête de la Protection de l’enfance pour abus sexuel, 5 collèges, 2 agressions sexuelles, 1 viol, 2 avortements, mon 18e anniversaire. »

La sélection du jour commence avec ces mots et est le fruit d’une enquête autobiographique. Kerry Hudson est née en 1980 dans un quartier populaire d’Écosse d’une mère sans emploi et d’un père absent. Son enfance ? Vous l’aurez compris, pas glorieuse et rythmée par la précarité, l’alcoolisme et autres combats quotidiens. Si aujourd’hui sa vie est méconnaissable, elle se sent pourtant incapable de réconcilier son “présent” et son passé.

Pour écrire Basse Naissance, elle revient dans les lieux où elle a grandi, se remémore ses souvenirs, se confie et pose un regard acéré sur les inégalités de classe actuelles. D’une plume franche et percutante, elle se fait porte-voix des oubliés. Vous vous apprêtez à sonner la cloche du misérabilisme ? Il n’en est rien ! L’Écossaise ne condamne pas son passé, elle cherche simplement à combler les vides de sa mémoire pour comprendre, elle qui va bientôt se marier et peut-être devenir mère à son tour… Ce livre est le résultat de questions qui la hantaient, une réconciliation pleine d’espoir. Un cheminement libérateur qui ouvre la réflexion sur les causes de la pauvreté et le système social anglo-saxon.

On vous l’accorde, vous aurez peut-être envie d’un verre de vin durant votre lecture… Et pourquoi pas le Little Garance, du Domaine Rouge Garance fondé en 1996 par Claudie et Bertrand Cortellini dans la région d’Avignon. Les sols y sont travaillés dans le respect de l’environnement, sans herbicide et avec des matières organiques. Les 6 jours de macération en cuve font de ce vin l’un des plus ronds, à déguster sans modération. Un vin de pays plein de fraîcheur et gorgé de fruits idéal pour accompagner un plat épicé. 

Les complices pour ces propositions : Encore deux nouveaux complices pour cette édition d’été ! Le livre provient de la Librairie Poëtini, située à quelques pas de la Place Morichar à Saint-Gilles. Quant au vin, nous vous proposons de le déguster Chez Tarzan, bar à vins 100% nature situé dans le quartier du Châtelain à Ixelles.

Et si on vous suggérait une lecture un peu plus légère qu’à notre habitude ? Vous avez d’ailleurs été particulièrement nombreuses·x à sélectionner ce livre très estival. Une couverture bleu ciel et rose bonbon, une auteure irlandaise dont on nous dit qu’elle rencontre un succès fou alors qu’elle est plus jeune que nous (une vraie milléniale qui écrit pour les milléniaux #coupdevieux), une histoire qui promet de parler des amours et amitiés d’aujourd’hui… On ne pouvait que se laisser tenter pour cette édition d’été ! Et on a bien fait ! 

On a aimé ce roman, Conversations entre amis, de Sally Rooney, qui se lit comme on regarde une série sur Netflix « allez juste un chapitre et je m’active », puis on se retrouve à « bingereader » au point d’oublier de piquer une tête dans la piscine ou de se plonger dans notre verre de rosé. Lecture de plage, on a dit !  

Plus qu’une histoire, Sally Rooney raconte une époque : la nôtre. Des histoires comme on en vit, des amitiés à toute épreuve, des amours changeantes, des relations à soi et aux autres complexes… Si ce n’est pas encore fait, rencontrez vite Frances (la narratrice), Bobbi (son amie et ex-amante), Melissa (la fascinante femme de Nick) et Nick (le bel acteur, époux de Melissa). Vous voyez venir le bon vieux carré amoureux ? Mmmmh « carré amoureux », peut-être, mais au goût du jour, celui-là ! 

Et puisque plane un petit air de vacances, pourquoi ne pas accompagner votre lecture DU gros succès bibitif de l’édition d’été ?

Le Spèrgle est un vin orange (oui, orange !) originaire d’Italie. De la région Emilia Romania, plus précisément. Nature et biodynamique, il tire son adjectif de couleur de sa macération pelliculaire qui lui donne cet aspect trouble, pas tout à fait blanc. Au niveau du palais, on goûte des notes de peau de citron, de prunes, de miel et de pêche. Un vin fruité et frais, idéal pour l’apéro. L’Agricola del farneto est née dans les années 90 de l’idée de monsieur Bertoni pour contribuer au développement d’une agriculture durable et respectueuse de l’environnement. On y produit des vins biologiques sans additifs selon des techniques de vinification naturelle : pas de filtration et sulfites en quantités minimales (l’idéal pour les lendemains ! ). 

Les complices pour ces propositions : L’incontournable librairie Flagey pour le livre. Quant au vin, il a été dégusté et validé à la terrasse d’un tout nouveau bar situé à Forest. Un bar qu’on aime particulièrement puisque la cuisine y est assurée par l’une de vos dévouées : L’altitude, bar audiophile.

Pendant un instant, on a hésité : garder les romans graphiques en exclusivité pour les fêtes de fin d’année ou vous en proposer plus régulièrement ? Mais quand on tombe sur des pépites comme celle-ci, “la question, elle est vite répondue” : pourquoi attendre ?


Ça faisait un moment que l’une de vos dévouées suivait les aventures de l’auteur français Théo Grosjean sur Instagram alors, quand elle a vu qu’il sortait un nouveau roman graphique, elle a foncé en librairie se le procurer. 
Ici, pas de petits sketchs à la fois drôles et percutants mettant en scène l’anxiété, la dépression et autres joyeusetés du genre comme dans L’homme le plus flippé du monde, son précédent titre. Avec Le spectateur on plonge dans une histoire à la fois sombre et mélancolique. On y suit Samuel, qui depuis tout petit ne prononce pas un mot, ne pleure jamais et n’a l’air de ressentir aucune émotion…

Samuel agit comme un spectateur de sa propre vie et c’est une belle et atypique mise en abîme que nous offre ici l’auteur grâce à une vision totalement subjective, à la première personne, sans narrateur ni explications. On voit tout à travers les yeux du personnage principal, sans jamais pouvoir intervenir ni répondre (et dieu sait pourtant qu’on en a envie). 

Théo Grosjean nous livre également une beauté graphique travaillée complètement en bichromie, avec du noir et des nuances de vert, qui participe entièrement à l’ambiance du récit. Les traits des personnages, bien que plus travaillés que dans L’homme le plus flippé du monde, restent toutefois simples pour qu’à la lecture ne ressorte principalement que l’émotion. Pari réussi !

Un véritable petit bijou à découvrir d’urgence chez nos complices de La Librairie Flagey.

Un sicilien frais et sec, de cépage catarratto bianco, ça vous parle ? Nous avons ce qu’il vous faut ! Le Ciello Bianco provient du domaine de la Cantine Rallo où la famille Vesco s’occupe des vignes depuis une dizaine d’années. Chaque vigne est plantée sur le versant sud-est entre 150 et 300 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur un sol sablonneux, sur les hauteurs d’Alcamo. Les raisins y sont récoltés de nuit et les températures sont contrôlées minutieusement grâce aux dernières technologies en la matière. Tous les vins y sont certifiés nature et la qualité de leur cépage catarratto est incomparable avec ce qui se fait dans la région. Ce vin non filtré, à l’aspect légèrement trouble, dégage des parfums de fruits tropicaux et de citron qui rappellent le soleil (on en a bien besoin). 

Le chant de nos filles est une chronique sociale qui vous emmènera dans les années 20′ en Caroline du Sud. 

Vous y ferez la connaissance de Gertrude, Retta et Annie, trois femmes qui n’ont apparemment rien en commun mais qui vont pourtant être réunies par le destin. Trois femmes déterminées à faire face aux tragédies et violences qui rythment leur quotidien. Chacune d’entre elles va, à sa manière, se battre contre une société arriérée qui n’accorde pas beaucoup d’importance à la femme. 

Ce roman choral d’une auteure américaine est l’histoire d’une lutte. Une histoire de femmes. Une histoire de mères. Une histoire terriblement humaine où s’entrelacent les thèmes de la condition féminine, du racisme, de la pauvreté, de la violence, des secrets de famille mais aussi – ouf ! – de la solidarité. 

Deb Spera, par ailleurs journaliste et productrice (elle a notamment produit Criminal Minds et Army Wives), signe ici son tout premier roman. L’atmosphère est souvent sombre et pesante, voire malsaine, mais les pages se tournent presque d’elles-même tant nous sommes captivé·e·s par la détermination de ces personnages habilement bien construits. Une autrice à la plume prometteuse, à suivre absolument !

Les complices pour ces propositions : Ce blanc a été dégusté au bar à vins nature et caviste Tortue (encore un nouveau complice ! ) et le livre provient de la librairie saint-gilloise Poëtini.

On vous présente aujourd’hui deux vins du Languedoc !

Le premier est produit en biodynamie par Agnès et Denys Armand du Mas d’Espanet. Quand ils s’y installent en 1980, tout est à faire sur le domaine laissé à l’abandon : sauvegarder les vieilles vignes de cépages rouges languedociens et planter des cépages blancs choisis en fonction du terroir et des coups de cœur. Ils restaurent la cave et transforment les anciennes bergeries en chai à barriques.

La grande fraîcheur du terroir explique que la moitié de la production soit dévolue aux blancs, remarquablement savoureux. On trouve dans chaque vin beaucoup de vitalité, de saveur, de caractère, et un fruit qui s’exprime avec une évidence réconfortante.

Le Freesia (IGP Cévennes, 90% viognier et 10% grenache blanc) est minéral et fruité, et offre un nez tout en finesse aux notes de petites fleurs du verger et d’acacia. 

Ça vous parle, à vous aussi ? Rendez-vous à la Cave à manger Winery pour le déguster !

Le second est un rouge qui nous vient tout droit du Pays d’Hérault (IGP), dans des vallées éloignées où le soleil laisse sa place à l’Obscurité… Mis en bouteille par les Producteurs Réunis de Cébazan, ce vin est issu de vieilles vignes (plus de 50 ans) cultivées en agriculture raisonnée

Ce vin rond et fruité possède une robe presque violette à laquelle il suffit d’ajouter un nez aux arômes de fruits rouges et noirs mûrs et nous voilà transporté·e·s en pleine garrigue ! Le carignan vieilles vignes est une variété de raisin très appréciée pour son héritage ancestral et surtout pour sa douceur et son intensité en bouche.  

Glou glou ? Rendez-vous à l’Altitude, bar audiophile pour le déguster !

On a vite compris qu’on allait sortir de notre zone de confort quand les libraires de la librairie namuroise Point Virgule nous ont conseillé Au fond de la poche droite, mais il a suffi de quelques pages pour nous accrocher à la vie du moine Vikentios qui se résout à vivre seul dans ce petit monastère surplombant la mer, quelque part sur une île grecque, après la mort de ses pairs. Seul ? Pas vraiment finalement, grâce à sa petite chienne Sissi qui lui tient fidèlement compagnie. Mais le jour où Sissi meurt en accouchant de trois chiots, Vikentios tente le tout pour le tout pour les sauver. Il cache, au fond de sa poche droite, une petite graine d’espérance. 

Outre une certaine forme de beauté et de force dans le récit singulier de la vie solitaire de ce vieux moine, la beauté et la force de la nature sont omniprésentes dans ce court roman empreint de poésie, d’optimisme et d’espérance. Qui a déjà eu la chance d’admirer la beauté sauvage des îles grecques retrouvera des paysages familiers. Le style est doux et on découvre avec plaisir cet auteur grec, qui se revendique autant agriculteur que romancier : Yannis Makridakis

Une histoire d’amitié entre un homme et son chien quand il est trop tard pour rejoindre ou espérer la compagnie des autres hommes. 

Vous aviez la possibilité d’accompagner votre lecture estivale d’un vin qui sent bon l’Italie :

Le Primitivo Puglia est un vin rouge souple et puissant originaire des Pouilles qui a été mis en bouteille à la Masserie Civitella, une ferme de plus de 500 ans où les vignes et les oliviers s’étendent à perte de vue et vivent leur meilleure dolce vita

La ferme est équipée d’un moulin à huile traditionnel avec pressage à froid des olives et d’une cave à vin. On y fabrique aussi de délicieux fromages grâce aux chèvres élevées sur place. Les sols du vignoble, calcaires et particulièrement fertiles, sont d’une couleur rouge et ocre caractéristique des sols ferrugineux et bénéficient d’un excellent climat grâce à la proximité des mers Adriatique et Ionienne. 

Les complices pour ces propositions : La librairie Point Virgule à Namur et le bar audiophile L’Altitude

Souvenez-vous, lors de la précédente édition, nous avions notamment sélectionné La boîte noire de l’autrice japonaise Ito Shiori. Nous vous proposions cette fois-ci un autre titre à propos de la condition de la femme en Orient, non plus au Japon mais en Corée du Sud.

Kim Jiyoung, née en 1982, de l’autrice coréenne Nam-Joo Cho, pourrait presque être une biographie, la biographie de la majorité des femmes en Corée du Sud. Kim est une jeune femme ordinaire, elle porte d’ailleurs le prénom le plus donné dans son pays l’année de sa naissance. Kim vit une vie bien banale jusqu’à ce que… elle se mette à parler avec la voix d’autres femmes, qu’elle connaît ou a connues durant sa vie. Véritable porteuse de voix, au sens propre comme figuré donc. Ce tour de passe-passe permet à l’autrice de dresser un tableau complet de ce que signifie être une femme en Corée du Sud et nous offre une critique sociétale claire et cinglante, le tout dans un style lapidaire, limpide et direct.

Ce roman court (168 p.) mais précis est divisé en 6 chapitres qui correspondent à autant de périodes de la vie de son personnage. En partant de l’expérience vécue par les femmes de la génération précédente, évoquant les coutumes familiales mais aussi la manière dont l’école et l’éducation enracinent la notion de supériorité masculine dès le plus jeune âge, l’autrice nous livre un spectaculaire instantané de la femme piégée dans une société traditionaliste. 

On vous propose un verre ? 

Véritable aventurier du goût naturel, Laurent Cazottes exprime la quintessence des fruits et des fleurs qu’il cueille dans un terroir cultivé en agriculture biologique, sous la mention Nature & Progrès et avec des pratiques en biodynamie. La Distillerie Cazottes, dans le Sud-Ouest français, met à l’honneur la nature et les savoir-faire ancestraux. On y crée des eaux-de-vie, des spiritueux mais aussi… des vins (après tout, on est là pour ça).

Dans ce souci de la tradition, le Fruit rouge (comme tous les vins de la distillerie) est un vin nature : c’est-à-dire qu’il est le résultat d’un choix philosophique visant à retrouver l’expression naturelle du terroir. Il est issu de raisins travaillés en Agriculture Biologique, sans désherbants, pesticides, engrais ou autres produits de synthèse. Les vendanges sont manuelles et lors de la vinification, le vigneron s’efforce de garder le caractère vivant du vin.

Les complices pour ces propositions : Ce rouge léger et peu tannique de cépages fer servadou-braucol-syrah est disponible chez Titulus (Ixelles). Quant au livre, il a été acheté à la librairie Poëtini à Saint-Gilles.

« Dans chaque famille, il y a des histoires qui désespèrent d’être transmises, des malles qui n’attendent que d’être explorées. Qui sait ce que chacun d’entre nous trouverait dans celle de ses parents s’il pouvait y accéder ? Quels êtres y découvrirait-il, disparus sous leurs efforts d’adaptation à un monde qui n’était pas le leur ? » 

Réédité cette année dans la collection Espace Nord (paru en 2014), Anatolia Rhapsody est le premier volet d’une trilogie personnelle signée Kenan Görgün. Dans ce récit-essai, la petite histoire familiale de l’auteur enlace la grande Histoire de l’immigration turque. 

« Je n’écris pas ce livre pour dresser des tableaux ou citer des chiffres. Je n’écris pas ce livre pour chanter avec les sirènes de l’optimisme ni pour hurler avec les loups qui voient le mal partout. Je ne suis ni sociologue, ni historien, ni attaché aux Affaires étrangères ; je n’ai pas la moindre qualification pour la démonstration mathématique, j’ai juste les mots que je parviens à tirer de mon clavier. Sur ma table d’écriture, je n’ai pas déballé des archives ou des statistiques, j’ai déposé des morceaux de vie, que je tripote dans tous les sens pour tenter de les faire parler, de gré ou de force. J’écris ce livre pour saisir ce quelque chose d’impalpable, qui n’a pas de nom, pas de carte d’identité, ni affiliation à la Sécu ni droit social, ce tremblement qui échappe aux tableaux, aux chiffres, aux sirènes et aux loups, et qui est la frontière contre laquelle je bute, l’impasse à cause de quoi je n’arrive pas à conclure à l’immigration comme à une réussite. »

Ce roman hybride parle de quête identitaire à travers le prisme de la dualité des immigrés. Ni belge ni turc, et pourtant les deux à la fois, l’auteur ouvre la réflexion quant aux problèmes culturels et socio-économiques liés à l’immigration. 

Selon lui, les identités plurielles, souvent célébrées, produiraient également des effets de suridentification qui peuvent s’avérer aliénants. Comment lier modernité et tradition ? Comment apprivoiser la différence de culture au sein d’une même culture ? L’auteur s’interroge sur son rapport à l’Autre, à la communauté, à la société dans laquelle il vit. 

Une lecture, certes exigeante, mais ô combien intéressante sur les enjeux de l’immigration et ses conséquences.

Le dernier vin de notre sélection est un sauvignon blanc sec et frais mis en bouteille par Coralie et Damien Delecheneau du vignoble de la Grange Tiphaine (en Touraine), où l’on travaille toute l’année pour un beau fruit, avant de laisser le vin se faire, en veillant à préserver la précision et la pureté originelles.

Chaque année, Coralie et Damien mettent tout leur cœur dans leurs vins issus de vignes cultivées en biodynamie dont les raisins sont récoltés à la main. Les sols sont composés d’argile rouge à silex et de calcaire et les vignes, exposées sud-ouest, sont âgées de 50 ans. 

Les vignerons en disent : « Juste le plaisir simple d’un fruit mûr à souhait. Trinqu’âmes est une gourmandise…». Et on est bien d’accord ! Le nez exprime des arômes de fruits blancs et de fruits exotiques, nuancés par des notes de muscade et de chocolat blanc, tandis que l’attaque en bouche est vive et bien citronnée. Un régal pour les papilles ! 

Les complices pour ces propositions : La Librairie Poëtini et le bar à vins vivants Titulus

L’accord mots-vin blanc, enfin !

On vous rappelle comment ça marche ? C’est un peu comme au restaurant, quand le sommelier sélectionne un vin qui s’adapte parfaitement avec votre plat : l’accord mets-vin. Ici, c’est tout pareil, sauf qu’à la place du plat, nous avons mis un livre qui s’accorde d’une manière ou d’une autre avec le vin : en jouant plutôt sur le nom, l’illustration ou une idée commune au fil des pages et des verres. En choisissant l’accord, vous nous faites entièrement confiance et n’avez aucune idée de ce que vous allez recevoir dans votre box.

En associant le vin Les Autres Terres et le livre Ne m’appelle pas Capitaine, de l’auteur haïtien Lyonel Trouillot, nous avons voulu marier les différences. Cette lecture nous rappelle en effet qu’il ne faut pas toujours aller bien loin pour découvrir un monde tout à fait différent du nôtre. Comme Aude, l’héroïne, qui dans le cadre d’un projet scolaire sur l’histoire d’un quartier, découvrira celui du Morne Dédé. Pas si loin et pourtant si éloigné de sa vie. Avec elle, le lecteur rencontre les habitants d’un quartier populaire à Haïti et surtout, celui que l’on ne doit plus appeler Capitaine, gardien de l’histoire du Morne Dédé. Au fil de ses souvenirs, c’est une histoire riche et dépaysante qui s’offre à nous…

Quant au vin Les Autres Terres du domaine des Autres Terres, il faut aller un peu moins loin pour le trouver : à la terrasse du bar à vins vivants Titulus, par exemple ! Situé dans l’Aude, ce domaine est exploité en Agriculture Biologique depuis 2000 par Gilles et Geneviève Azam. Un vin léger et minéral 100 % chardonnay aux notes florales et de mûres que nous vous invitons à découvrir ! 

Les complices pour ces propositions : la librairie namuroise Point Virgule et le bar à vins et caviste Titulus à Ixelles.

L’accord mots-vin rouge estival rassemblait Par les routes de Sylvain Prudhomme et l’excellent À ma guise, une petite pépite dégustée chez Titulus qu’on aime encore plus en découvrant que sa recette est tenue secrète par son vigneron, Jean-Christophe Comor, du vignoble Les Terres Promises, en Provence. On sait juste qu’il s’agit d’un assemblage de 13 cépages blancs et rouges et que c’est BON : glouglou et nature, comme on les aime.

Par les routes, c’est un peu l’histoire de ceux qui partent et de ceux qui restent. Deux amis de longue date qui s’étaient perdus de vue (la vie toussa toussa) se retrouvent au hasard d’un déménagement. Ils partagent leurs souvenirs d’aventures vécues en autostop dans leur jeunesse. Sauf que l’un des personnages principaux, l’autostoppeur, n’a (comme son nom l’indique) jamais cessé de lever le pouce quand une envie d’aventure le prend. Laissant femme et enfant, il n’en fait qu’à sa guise et parcourt la France de long en large, emmenant avec lui le lecteur par les routes… Franchement, après le confinement, ça fait un bien fou de le suivre ! Sauf que… sauf que ce mode de vie peut parfois être un peu égoïste et notre autostoppeur va devoir faire un choix entre partir ou rester…

Les complices pour ces propositions : la librairie namuroise Point Virgule et le bar à vins et caviste Titulus à Ixelles.

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